Un autre regard

Un autre regard sur la biodiversité

Il y a maintenant 6 mois, le groupe végétalisation de LFéSA Transition lançait « Végétalisons le Printemps ! ». Parmi les actions mises en place, nous avons entrepris de végétaliser la friche située à côté du cinéma et mise à disposition par ses propriétaires.

A l’heure où les effets du réchauffement climatique se font ressentir, où la baisse de la biodiversité est un constat et où après plusieurs mois de restriction nous avons plus que jamais besoin de projets communs pour créer du lien, cette zone de biodiversité, située en plein centre-ville, au bord de la RD2020, face au feu tricolore, était idéale pour toucher les fertésiens et leur parler de la place de la biodiversité en ville.

Soyons clairs, notre objectif n’était pas de créer un parc ou une plate-bande géante en centre-ville mais de montrer que la présence de la biodiversité en ville est essentielle : les herbes hautes, les orties, ces fameuses « mauvaises herbes » ont toutes un rôle à jouer.

La présence de la nature en ville, les jardins, les espaces verts, les arbres assainissent l’air et permettent de réguler la température. On constate jusqu’à 10 degrés de différence entre un sol artificialisé (routes, parkings,…) et un espace végétalisé. L’absorption des eaux pluviales est également facilitée et le risque d’inondation amoindri. Végétaliser nos espaces urbains est donc essentiel!

Après une bonne séance de nettoyage pour préparer une partie du terrain, nous avons tout d’abord semé les graines d’une jachère fleurie. Les plantes mellifères qui la composent sont des essences attractives pour les insectes pollinisateurs. Elles produisent de bonnes quantités de nectar et de pollen, essentiels pour la préservation de la biodiversité. Ces fleurs généralement volumineuses ou odorantes apportent aussi une diversité de couleurs qui valorisent notre cadre de vie et améliorent le moral grâce à leur beauté : le violet de la bourrache, le rose des trèfles ou le jaune et blanc de la camomille.

Un hôtel à insectes a été fabriqué en matériaux de récupération à l’occasion d’un atelier avec des enfants et d’autres zones d’habitats pour les petites bêtes qui peuplent cette jungle urbaine ont été aménagées : tas de cailloux, branches mortes.

Les plantes comestibles, légumes et aromatiques accompagnent les plantations de fleurs, créant ainsi que grande diversité et une ressource alimentaire accessible à tous : laurier, menthe, framboisiers, rosiers, tournesols, topinambours, maïs aux côtés des cosmos, sauge, dahlias, capucines,..

Les premières semaines ont été très sèches et nous avons eu peur que les graines ne poussent pas. Une cuve de récupération d’eau a été installée. Et puis les pluies de l’été ont vite transformé la ZAV en espace sauvage. Mais fallait-il tout couper ? A plusieurs reprises, nous sommes allés nettoyer, dégager, tailler pour entretenir cet espace et aider chaque élément à y trouver sa place. Les herbes coupées ont servi de compost naturel et aident les autres plantes à se développer.

Si de loin, l’espace parait fouillis, à chaque visite, nous nous émerveillons de voir toute cette végétation, toutes ces nuances de vert, les couleurs incroyables des feuilles et cette faune y faire sa vie.

Nous ne sommes qu’un tout petit groupe de bénévoles amateurs à entretenir les lieux, sur notre temps personnel. Nous remercions tous ceux qui nous ont soutenus, qui nous ont donné des plants, de l’eau ou sont simplement venus nous rendre visite.

Nous avons eu énormément de retours positifs, d’encouragements. Souvent lorsque nous y travaillons, les gens s’arrêtent pour discuter et nous interrogent. La plupart sont heureux de voir vivre ce petit coin de nature en plein cœur de la cité. C’était notre objectif.

N’hésitez pas à vous approcher, aller vous y promener, passez quelques minutes au milieu de cet espace avec un autre regard. Installez-vous sur les troncs d’arbres coupés et ouvrez grands vos yeux. Vous y verrez alors un panel incroyable de couleurs et cette vie que l’on n’imagine pas au cœur de la cité.

Aujourd’hui, les propriétaires nous renouvellent leur confiance et les remercions. Nous avons dressé un bilan et avons revu notre organisation. Nous souhaitons avant tout que de nombreux fertésiens puissent s’approprier cet espace. Nous restons donc à l’écoute de vos interrogations, vos remarques, vos idées constructives. Faisons de cette zone de biodiversité une zone de partage.